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Littérature en musique (2)


Je voudrais pas crever


Pour cet article numéro 2 de la littérature en musique, je propose le poème de Boris Vian : Je voudrais pas crever :

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort



Cette fois le texte est repris intégralement par Serge Reggiani d'abord :




Puis dans une autre ambiance par les Têtes raides (et j'avoue que j'adore cette version) :





Et vous ? Quelle version préférez-vous ?

Commentaires

  1. 2 ambiances très différentes pour ce texte de Boris Vian. J'aime beaucoup la sonorité de la 2nde musique qui est sympa à écouter mais la première chanson par Reggiani met pus le texte de Vian en valeur.
    En tout cas, merci pour cette découverte !

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    Réponses
    1. Oui c'est vrai que Serge Reggiani avait, en plus, une voix qui transmet bien les émotions. Le texte est tellement beau !

      Supprimer
  2. C'est fou ça fait très différent. J'aime bien la deuxième pour ma part

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai une préférence aussi pour la deuxième : un peu plus pêchu ! Et qui malgré tout respecte bien le texte.

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  3. Réponses
    1. Tout pareil !
      Et je trouve que la musique ne lui fait pas perdre de son charme.

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