Les corbeaux chantent aussi

 

Ancelin Piéry 

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Choquant

 J'ai reçu ce service presse de la part des éditions Librinova et je les remercie, comme toujours, pour cet envoi et leur confiance.

Les corbeaux chantent aussi est un roman de plus de 400 pages qui nous fait suivre l'histoire d'une famille sur trois générations. 
L'histoire commence avec Auguste et Rose vivant avant et pendant la seconde guerre mondiale. 
Elle finira avec les petits enfants de ces derniers. 

Bon, je ne vais pas vous le cacher longtemps, j'ai été caché par la quasi totalité de ce roman. Je vais spoiler l'histoire pour vous dire mon point de vue sur ce livre donc si vous souhaitez le lire, je vous recommande de ne pas lire le reste de ma chronique. 

L'histoire commence donc avec Auguste, 51 ans, en 1923. 
Rose, 17 ans, arrive dans la maison familiale pour y travailler. 
Et là, au bout d'un moment Rose se fait violer par Auguste et tombera enceinte de ce viol. 
Je parle de viol. 
Le livre parlera, lui de "faute" pendant tout le roman. Auguste regrettera peut-être sa "faute" à un moment. 
A partir de là (la scène se passe vraiment au début du roman), à commencer mon énervement envers ce livre. 
Rose, enceinte à 17 ans, va se voir rejeter par tout le monde (car elle est enceinte hors mariage et que même si Auguste reconnait l'avoir violée, tout le monde s'accordera à dire que c'est de la "faute" de Rose) sauf Auguste. 
Rose restera donc vivre avec Auguste, son violeur de 35 ans son aîné et finira par lui dire "J'aime quand tu m'appelles ma Rose"" et finira par coucher de nouveau avec lui "par amour" cette fois. 
Oui, à 17 ans, violée et rejetée par tous à cause de votre violeur, avec un enfant fruit de ce viol, je suis sûre que n'importe quelle femme aurait également dit à son violeur de 51 ans : "j'aime quand tu m'appelles ma ...". Ben oui,les femmes aiment être vu comme des objets par les hommes et d'autant plus quand cet homme est son violeur.
Oui, je suis ironique. 
Oui, je me demande comment on peut écrire cela.
Oui, je me demande comment on peut encore qu'un viol est une faute en 2021. Un viol est un crime, un acte violent mais en aucun cas une faute. 
Les mots ont un sens et diminuer ainsi la portée d'un viol est une honte. 

La suite du roman n'est guère mieux puisque nous aurons un autre couple dont la femme se fait battre par son époux (encore une fois, jamais on ne parlera de violences conjugales) et son époux la trompe à tour de bras mais tout cela n'a pas l'air bien grave.
La fille de ce couple dira même, à la fin du roman qua sa mère a fini par être abandonnée par son père violent, puis par se marier mais qu'heureusement (c'est bien le mot employé : Heureusement) elle est morte avant son deuxième époux et n'aura donc pas connu de nouveau la solitude. 
Euh quoi?
Comment peut-on écrire cela ? 
 Je ne sais pas. 
Je l'ignore. 
J'étais tellement excédée par l'écriture de ces personnages féminins (ou leur non écriture) qui sont uniquement vus comme des objets ou des êtres fades que je n'arrivais plus à suivre le raisonnement de l'auteur.
 
On me parle de "pardon" dans ce livre mais moi je ne vois pas ici un roman sur le pardon. Je vois un livre qui parle de crimes sans jamais les nommer et un livre qui amoindri la douleur des victimes.

Pour moi, Les corbeaux chantent aussi, est, vous l'aurez compris, un livre choquant à plus d'un titre et un roman qui délivre de très mauvais messages.
 
Mise à jour du 13/07/2021 : L'auteur Ancelin Piéry a lu ma chronique et y a répondu en commentaires. Pour que tout le monde puisse lire sa réponse, je la recopie ici :
 
Votre chronique mérite que je m'y attarde et que j'en fasse un court commentaire.
Je dépeins un monde cruel et brutal, oui. Un monde d'autrefois où les pensées, les paroles et les actes des personnages leur appartiennent, dans le cadre d'une époque différente d'aujourd'hui.
Oui, j'ai écrit une scène de viol. Et peut-être avez-vous noté que le procédé narratif en est particulier. Et peut-être cela a-t-il un sens au niveau littéraire.
Littéraire, car je suis romancier. Je ne suis pas essayiste et je n'ai pas de "raisonnement". Je ne suis pas moraliste et ne transmets pas de "message". Je raconte des histoires qui ne sont pas des romances, ni des feel good stories.
Votre chronique m'a beaucoup plus renseigné sur ce qui semble être votre combat, que je respecte et au sujet duquel je ne crois pas devoir me justifier de quoi que ce soit.
Mon roman vous a troublée, choquée. Et vous avez raison, on y trouve une grande quantité de coupables et aucun superhéros, aucune figure parfaite, et si je le déclare roman du pardon, c'est bien parce qu'à travers les choix de chacun des personnages, j'interroge cette question.
Avec mes remerciements pour le temps que vous avez consacré à sa lecture.

Je remercie Ancelin Piéry d'avoir pris le temps de lire ma chronique et d'avoir pris la peine d'y répondre.

Commentaires

  1. Réponses
    1. Ce n'est pas exactement ce que je dis dans ma chronique

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  2. Bonjour,
    Votre chronique mérite que je m'y attarde et que j'en fasse un court commentaire.
    Je dépeins un monde cruel et brutal, oui. Un monde d'autrefois où les pensées, les paroles et les actes des personnages leur appartiennent, dans le cadre d'une époque différente d'aujourd'hui.
    Oui, j'ai écrit une scène de viol. Et peut-être avez-vous noté que le procédé narratif en est particulier. Et peut-être cela a-t-il un sens au niveau littéraire.
    Littéraire, car je suis romancier. Je ne suis pas essayiste et je n'ai pas de "raisonnement". Je ne suis pas moraliste et ne transmets pas de "message". Je raconte des histoires qui ne sont pas des romances, ni des feel good stories.
    Votre chronique m'a beaucoup plus renseigné sur ce qui semble être votre combat, que je respecte et au sujet duquel je ne crois pas devoir me justifier de quoi que ce soit.
    Mon roman vous a troublée, choquée. Et vous avez raison, on y trouve une grande quantité de coupables et aucun superhéros, aucune figure parfaite, et si je le déclare roman du pardon, c'est bien parce qu'à travers les choix de chacun des personnages, j'interroge cette question.
    Avec mes remerciements pour le temps que vous avez consacré à sa lecture.
    AP

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    Réponses
    1. Bonjour Monsieur Piéry. Je vous remercie de votre passage sur mon blog et de votre réponse. Afin que tout le monde puisse voir votre réponse, j'ai édité ma chronique en y insérant votre réponse.

      Je comprends très bien ce que vous dites et je souligne souvent dans mes chroniques lorsque les personnages sont gris et non pas noirs ou blancs. Je comprends donc parfaitement ce que vous avez voulu écrire dans ce livre.
      Il n'en reste pas moins que votre roman m'a choquée. J'ai effectivement écrit ma chronique avec ma sensibilité et j'ai peut-être été parfois virulente à l'encontre de votre livre, il n'en reste pas moins que ma chronique est sincère.
      Elle a peut-être été malhabile par moments, il est vrai qu'un romancier n'a pas à transmettre un message quelconque mais j'ai vraiment du mal avec le fait de faire d'un viol un acte quasi anodin.

      Je finis ma réponse en espérant que votre roman rencontre son public.

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    2. Toute lecture est une rencontre :-)
      Merci pour votre réponse.

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  3. Je n'ai pas lu ce livre, mais je comprends ce qui a pu te choquer par rapport au viol. J'aurais sûrement eu la même impression.

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    Réponses
    1. Je te remercie de ton message qui me conforte dans ma position. Je reste choquée par ce livre.

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