Mes souvenirs de Jane Austen


Portrait d'une héroïne

James Edward Austen-Leigh


Portrait d'une héroïne


4e de couverture : 


Voici un recueil de souvenirs et de témoignages directs de James Edward Austen-Leigh (1798-1874) sur sa tante Jane Austen (1775-1817). On y découvre à l'oeuvre la romancière dans son intimité. Observatrice hors-pair de la société anglaise de son temps, elle aurait pu être l'héroïne d'une de ses propres œuvres.
Quels sont les secrets de fabrication d'une des plus grandes romancières anglaises, vénérée de Virginia Woolf ? Sa vie nous les découvre-t-elle ?
En levant ici un voile victorien sur l'emblème de l'élégance de la Régence, le neveu de la grande Jane Austen n'a pas fait qu'oeuvre de reconnaissance et de fidélité : il nous a donné un classique et installé sa gloire.



Mon avis :


Traduite pour la première fois en France, la biographie de Jane Austen, par James Edward Austen-Leigh, verse parfois dans le panégyrique. 
Ce n'est certainement pas surprenant de la part du neveu de Jane Austen mais peut parfois être un peu gênant.

Ayant lu, quelques biographies de Jane Austen et sa correspondance, je ne peux que douter de la véracité de certains de ces passages : en particulier, lorsqu'il dit que Jane Austen se moquer de ce que pouvait lui rapporter ces livres.
N'oublions pas que Jane Austen avait une situation assez précaire puisqu'elle était une femme et qu'elle était célibataire et dans la quasi-incapacité d’accroître ses revenus. Ne pouvant pas travailler, tout argent supplémentaire ne devait être que plus que bienvenu.
Ce que n'importe qui peut comprendre aujourd'hui mais qui ne devait pas se dire et, encore moins, s'écrire au XIXe siècle.

Ne vous attendez à une plongée dans la vie intime de Jane Austen, en lisant ce livre : quelques lignes pour nous parler d'un gentleman rencontré par Jane Austen que Cassandra Austen, la sœur de Jane estime que notre auteure a pu aimer ! Gentleman mort quelques mois après leur rencontre et dont nous ne serons même pas le nom. Ni même la certitude que Jane Austen ait pu vraiment l'aimer.

La journée de fiançailles de Jane Austen n'est pas du tout évoquée.

Bien sûr, le public n'étant pas le même à l'époque que maintenant, ces "oublis" et le manque de détails concernant la vie de Jane Austen sont assez compréhensifs. 


Il y a des détails assez drôles pour le lecteur d'aujourd'hui : James Edward Austen-Leigh parle, par exemple, des différences entre sa vie d'aujourd'hui et la vie "à l'époque de Jane Austen" lorsque pour nous il n'y a guère de différence entre ces décennies :

"Mais peut-être serions-nous encore plus frappés de l'absence totale des élégants petits articles qui agrémentent et encombrent à présent nos tables de salon. Nous manqueraient les bibliothèques tournantes et les chevalets, les pèse-lettres et les boîtes à enveloppes, les périodiques et les illustrés - et surtout le flot d’innombrables albums de photographies qui menace de nous engloutir."


Mes passages préférés se situent vers la fin du livre et sont de la plume de Jane Austen : quelques une de ces lettres à son éditeur, surtout, sont reproduites. 
Ces lettres ont, souvent, été reprises mais c'est toujours un plaisir de les lire. Surtout lorsque certaines d'entre elles parlent de son rapport à l'écriture de sa non-envie d'écrire un roman historique comme on lui suggérait et de ne se sentir que capable d'écrire sur ce qu'elle connaissait car elle ne pourrait rendre un personnage crédible si il était censé être expert en sciences, par exemple, domaine où elle se dit complètement ignorante.


J'ai lu qu'on a beaucoup reproché au neveu de Jane Austen d'avoir beaucoup édulcoré le portrait de sa tante ainsi que certains de ces écrits pour effacer toutes traces de ces moqueries : il y a, par exemple, à la fin du livre une ébauche de romans écrit selon les conseils de ces proches ou simples connaissances où est enlevé tout l'ironie qui fait pourtant le charme de l'écriture de Jane Austen mais cela a sans doute permis de ne vexer personne !


Petit détail intéressant pour les personnes, comme moi, qui aiment savoir ce qui arrive aux personnages après la fin des romans : Jane Austen fait partie des auteurs qui n'abandonnent pas leurs personnages à leur sort et imaginent un destin à chacun.
Ainsi, Kitty Bennett s'est mariée avec un ecclésiastique habitant près de Pemberley tandis que Mary Bennett s'est contenté d'un clerc de son oncle Philip. 



Un ouvrage plus qu'intéressant pour les admirateurs de Jane Austen ! Si on n'oublie pas l'époque à laquelle il a été écrit et toute la pudeur qui était, donc, imposée à James Edward Austen-Leigh.




Commentaires

  1. J'aime tellement Jane Austen, je ne connaissais pas du tout ce livre, merci pour la découverte ! =)

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    1. J'espère que tu auras l'occasion de le lire et de l'apprécier.

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  2. Je trouve ça toujours très intéressant de lire ce type de livres

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    1. Oui, j'aime aussi et même si la vie de Jane Austen est édulcorée, je trouve qu'il reste très intéressant !

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