mercredi 13 décembre 2017

Lettres du Père Noël


J. R. R. TOLKIEN


photo de couverture avis blog 97822669400


4e de couverture :

Plus connu pour ses travaux universitaires et pour l'invention de la Terre du Milieu, J.R.R. Tolkien est aussi un formidable auteur de contes pour enfants. 
Comme Bilbo le Hobbit et Roverandom, les Lettres du Père Noël ont d'abord été destinées à ses trois fils et à sa fille, auxquels, chaque année entre 1920 et 1943, Tolkien a écrit une lettre – parfois deux – prétendument envoyée du pôle Nord par le Père Noël ou l'Ours Polaire. 

Ces trente lettres et les dessins qui les accompagnent forment un récit très prenant des aventures de l'homme en rouge et à la barbe blanche, de son ours assistant, et de leurs démêlés avec les gobelins. Un ouvrage qui plaira aux enfants, à leurs parents, et surprendra plus d'un amoureux de Tolkien. 


Mon avis :

Un magnifique livre pour enfants et adultes 


Depuis longtemps, je voulais m'acheter ce petit livre de J.R.R Tolkien, et le moins qu'on puisse dire c'est que je n'ai pas regretté mon achat.

D'abord parlons de ces lettres : elles ont été écrites par le créateur de la Terre du Milieu pour ses quatre enfants et nous découvrons ou plutôt redécouvrons son talent pour créer un monde de toutes pièces avec des personnages attachants.
Ainsi, non seulement le Père Noël parle de sa mission et de sa vie au Pôle Nord mais l'Ours polaire (personnage très drôle d'ours blanc faisant pleins de bêtises) raconte son quotidien et contredit le Père Noël pour donner ses propres versions des histoires racontées par ce dernier.
Nous retrouvons bien la patte de J.R.R Tolkien lorsque le Père Noël racontent les attaques de gobelins qui ont failli priver les enfants du monde entier de cadeaux.
Seulement failli puisque bien sûr, tout se termine bien à la fin de chaque lettre.

J'ai bien aimé deviné un peu la vie de J.R.R. Tolkien et ses craintes en tant que père de quatre enfants voulant leur faire plaisir : le Père Noël écrit quelques fois qu'il n'a pas pu offrir tous les cadeaux de leurs listes mais qu'il espère qu'ils seront heureux de leurs présents tout de même. 
Il écrit à un moment à ces garçons qu'il a remarqué que ceux-ci aimaient les trains et donc qu'il avait surtout offert des reproductions de ceux-ci.
On garde donc de Tolkien l'image d'un père aimant, attendri devant ses enfants et partageant son amour de la littérature.
Et leur donnant de l'espoir et du réconfort aussi, sans jamais rien cacher du monde extérieur : la dernière lettre est écrite à Priscilla l'année de ses treize ans : en 1943. Le Père Noël parle d'une année triste dans beaucoup d'endroits où il aime aller.

Et Petit clin d’œil de Tolkien à ses enfants : Le Père Noël a offert aux enfants Tolkien la deuxième édition de Bilbo le hobbit.

Et maintenant parlons de ce livre en tant qu'objet : il est magnifique. Il reproduit les dessins que J.R.R. Tolkien offraient à ses enfants et qui mettaient en scène le Père Noël et l'Ours polaire dans leurs différentes aventures :

Ours polaire faisant une chute Dessin de Tolkien Illustrations



Et aussi les lettres en version originales ainsi que le enveloppes : l'écriture de Tolkien tremble pour montrer l'âge du Père Noël (Quel soin apporté aux détails!).
Et il écrivait, la plupart du temps en vert et rouge. C'est réellement un très bel objet à découvrir, redécouvrir lire et offrir.

Véritable coup de cœur pour ces lettre de Père Noël de Tolkien

lundi 11 décembre 2017

Littérature en musique (6)


Jean-Louis Aubert

chante

Michel Houellebecq



En avril 2014, Jean-Louis Aubert décide d'adapter les poèmes de Michel Houellebcq dans un album-concept appelé simplement : Aubert chante Houellebecq.
Le recueil de Michel Houellebecq à l'origine des chansons de Jean-Louis Aubert s'appelle Configuration du dernier rivage.

Un titre que j'aime beaucoup est Isolement :



On entend que Jean-Louis Aubert ne s'est pas renié pour composer les musiques. Il reste dans son univers.
Et pour avoir lu et vu quelques interviews de Michel Houellebecq, il s'est dit honoré d'être une source d'inspiration et a apprécié ce projet.
J'avoue ne jamais avoir lu (et avoir eu envie de lire) Michel Houellebecq, donc, je n'ai pas d'avis sur son travail et ai entendu les deux opinions sur ce personnage de la littérature française. 

Et le texte :


Où est-ce que je suis ?

Qui êtes-vous ?

Qu’est-ce que je fais ici ?

Emmenez-moi partout,


Partout mais pas ici,

Faites-moi oublier

Tout ce que j’ai été

Inventez mon passé,

Donnez sens à la nuit.


Inventez le soleil

Et l’aurore apaisée

Non je n’ai pas sommeil,

Je vais vous embrasser

Êtes-vous mon amie ?

Répondez, répondez.


Où est-ce que je suis ?

Il y a du feu partout

Je n’entends plus de bruit,

Je suis peut-être fou.



Il faut que je m’étende

Et que je dorme un peu,

Il faudrait que je tente

De nettoyer mes yeux.


Dites-moi qui je suis

Et regardez mes yeux

Êtes-vous mon amie ?

Me rendrez-vous heureux ?


La nuit n’est pas finie

Et la nuit est en feu

Où est le paradis ?

Où sont passés les dieux ?



Mais l'album a surtout été porté par le titre : Voilà ça sera toi, qui a été un gros succès à sa sortie

samedi 9 décembre 2017

Le ravin


Joyce Carol Oates



Avis Photo de couverture 229035001X Blog J'ai lu


4e de couverture :



Matt McBride ne connaissait que vaguement la jolie adolescente retrouvée morte dans un ravin, où il avait joué enfant. Pourtant, ce garçon sans histoires, apprécié de ses camarades, se sent coupable. N'aurait-il pu empêcher un tel drame ? 
Ce sentiment ne cesse de le hanter. 

Des années plus tard, une femme de l'entourage de Matt disparaît, réveillant sa culpabilité. Bouleversé, Matt s'interroge sur son mariage, sur son bonheur factice. 
Son comportement bizarre éveille les soupçons de la police. Matt rencontre un artiste sinistre qui signe ses œuvres "Nom inconnu" et qui pourrait bien être le tueur en série. 
De sa confrontation avec cet homme, mais surtout avec lui-même, va naître une terrifiante révélation...


Mon avis :

Un bon roman policier


Me voici (déjà) de retour dans l'univers de Joyce Carol Oates pour un nouveau thriller / roman policier.
Cette fois, nous sommes dans la peau de Matt, père de famille un peu malheureux, qui est fortement soupçonné d'être non seulement l'amant d'une femme portée disparue mais aussi d'être son meurtrier. 
A sa propre surprise, il découvre que cette femme, cette artiste était terriblement amoureuse de lui. Elle le dit dans son journal intime.

Quoi de plus naturel, alors, pour la police de soupçonner Matt qui est loin de dire toute la vérité.

D'un autre côté, nous lecteurs, nous avons le point de vue de "Nom inconnu" et sous ce mystérieux nom se cache en réalité un artiste inconnu par le monde l'art : pas à cause de son identité secrète plutôt à cause de son manque de talent. 

J'ai bien aimé ce roman sans véritablement l'adorer. Il m'a manqué de la surprise lors de la révélation finale : je suis vieux jeu et j'aime découvrir l'identité des meurtriers seulement aux dernières pages de l'intrigue.
Ce n'est malheureusement pas le cas ici.
Et il n'est pas en cause le talent de Joyce Carol Oates, qui a plutôt voulu faire de cette enquête policière un prétexte pour nous présenter le personnage de Matt, sa psychologie et son regard vis-à-vis de vie actuelle.
Parfois, il ne suffit pas de grand chose pour bouleverser une vie d'un père de famille.
Je dirais que je ne me suis pas suffisamment attachée au personnage de Matt (justement) pour avoir envie de connaitre tous ses états d'âme. 
Malheureusement...

Une petite déception donc !
Même si je reconnais toujours le talent de Joyce Carol Oates. 

mercredi 6 décembre 2017

La fin du monde a du retard


J. M. Erre


Photo de couverture / Avis / Blog / 9782283027318



4e de couverture :


Construit sous la forme d'une course poursuite, La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s'évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. 
En effet, Julius s'est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l'humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l'ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu'à l'incroyable révélation finale. 

Comme dans chacun de ses romans, J. M. Erre joue avec les codes d'un univers de la culture populaire (le cinéma bis dans Série Z ou le roman policier dans Le Mystère Sherlock). 
Dans La fin du monde a du retard, ce sont les thrillers ésotériques à la Da Vinci Code qui servent de terrain de jeu. 

En s'interrogeant de façon décalée sur la manière dont chacun construit ses certitudes, La fin du monde a du retard se veut avant tout un récit joyeux sur ce qui fait à la fois le malheur et la grandeur de l'être humain : sa capacité à se raconter des histoires. 

J. M. Erre est professeur à Sète. Il est l'auteur, entre autres romans de Prenez-soin du chien (2006). Son dernier roman, Le Mystère Sherlock (Buchet/Chastel, 2012), a été remarqué par la critique et le public. 



Mon avis :

Toujours le même avis depuis Série Z


Résumé des épisodes précédents :
  • Série Z : J'ai adoré ma rencontre avec J.M. Erre et son roman délicieusement loufoque
  • Le mystère Sherlock : Toujours autant aimé et j'ai apprécié le fait qu'il y ait une véritable enquête policière sous l'humour et l'univers déjanté de J. M. Erre
Et maintenant : La fin du monde a du retard 
Et bien, j'aime toujours autant cet auteur !

Cette fois, nous plongeons avec Julius et Alice qui essaient de déjouer un complot mis en place depuis des millénaires (rien que ça).

Julius, amnésique, ne se souvient que d'une chose : il a découvert une société secrète qui est à l'origine de tous les complots qui fleurissent sur internet et autres,...
Et Julius pense même que tous ces faux complots diffusés par cette société (Mickael Jackson serait toujours vivant ou encore Lady Di aurait été tué par les services secrets de la reine) n'auraient en réalité qu'une mission : discréditer toutes les personnes amatrices de complots pour masquer leurs réelles activités et le seul véritable complot existant.

Vous trouvez ça compliqué ? 
Pas Julius !
Qui nous explique que des films comme Men in black décrivent la vérité et que la société secrète autorise / est à l'origine de ça, car comme grâce à de tels films personne ne s'imaginera que cela puisse réellement exister. 
Ce n'est qu'un film n'est-ce pas ? Et tout le monde sait que la fiction n'est pas la réalité.

Ajouter à cette intrigue rocambolesque un personne féminin ne ressentant aucune émotion et à l'origine d'un mariage catastrophe.
Et quand je dis catastrophe, je n'en rajoute pas : Alice, le jour de son mariage a provoqué sans le vouloir la mort de tous ses proches en les faisant exploser : lumières qui s'éteignent, vérification des plombs, allumette pour voir et fuite de gaz >> je ne vous fais pas de dessin. Alice est la seule rescapée de ce mariage dont elle a gardé une grosse amnésie et le handicap de ne plus avoir aucune émotion.

Et le résultat est un roman très drôle, toujours aussi farfelu et qui, en plus, tient la route.
Nous allons de découvertes en découvertes, de complots en complots plus compliqués et j'avoue que la fin m'a réellement surprise : j'ai tout simplement adoré cette histoire.

Une chose est sûre : je n'en ai pas fini avec J.M. Erre et je vais continuer la découverte de cet auteur.

lundi 4 décembre 2017

Les petits plaisirs de Noël


Pour cette petite période de noël, voici un article un peu spécial puisque c'est une liste non exhaustive de tous les petits plaisirs que nous offre le mois de décembre :


Gif nine-nine


  • Boire un chocolat chaud
  • Regarder les vitrines des magasins de Noël
  • Boire un thé chaud
  • Revoir avec nostalgie les pubs : Appelle le père Noël au ...
  • Boire un lait-miel chaud
  • Décorer la maison
  • Boire n'importe quoi de chaud
  • Acheter pleins de papiers cadeaux aux couleurs et motifs différents
  • Manger des chocolats
Frozen Gif chocolats
Une légende dit que toutes les calories avalées pendant la période de Noël ne se voient pas sur la balance
  • Décorer le sapin de Noël
  • Et mettre beaucoup trop de décorations dessus
  • Vraiment trop
  • Lire des magazines de recettes de Noël pour se donner des idées pour le réveillon
  • Et faire pleins d'essais de recettes avant le Jour J
  • Revoir (pour la 100e fois) Love Actually

scene danse scène Gif

  • Manger de la bûche
  • Recevoir et regarder les catalogues (énormes) de jouets
  • Regarder les téléfilms de l'après-midi où on sait que l'héroïne arrivée seule dans une ville inconnue après une rupture difficile et la perte de son emploi finira au minimum fiancée au plus bel homme de la ville avec un super travail à la clef.
  • S’emmitoufler sous une grosse couverture (avec un bon livre) 
  • Ecouter de la musique de Noël 
Danse scène scene Gif Love actually

  • Acheter des tonnes de cadeaux de Noël et imaginer la réactions des personnes les recevant
  • Aller sur n'importe quel marché de Noël
  • Et boire un vin chaud
  • Voir (pour la 250e fois) Le père Noël est une ordure
  • Regarder les illuminations de Noël
Gif Disney
  • S'acheter un bonnet de père Noël
  • Avec des étoiles qui s'allument
  • Le porter
  • Même pour aller travailler
  • Regarder les Disney et dessins animés de Noël
  • Regarder (pour la 1001e fois) les rediffusions de Sissi impératrice

Et vous ? Aimez-vous cette période de Noël ?

Quels sont vos petits plaisirs de Noël ?

samedi 2 décembre 2017

Le livre de ma mère


Albert Cohen


Photo de couverture / Folio Gallimard / Blog / Avis / 9782070365616


4e de couverture :


Peu de livres ont connu un succès aussi constant que Le livre de ma mère. 
Ce livre bouleversant est l'évocation d'une femme à la fois "quotidienne" et sublime, une mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils. 

Ce livre d'un fils est aussi le livre de tous les fils
Chacun de nous y reconnaîtra sa propre mère, sainte sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d'amour. 
Et tout fils pleurant sa mère disparue y retrouvera les reproches qu'il s'adresse à lui-même lorsqu'il pense à telle circonstance où il s'est montré ingrat, indifférent ou incompréhensif. Regrets ou remords toujours tardifs. "Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis."


Mon avis :

Émouvant !


Maman est morte.
Cette célèbre phrase commençant L'étranger d'Albert Camus pourrait tout aussi bien commencer Le livre de ma mère.

Ce très beau roman est le portrait de la mère d'Albert Cohen. Ce fils qui s'adresse des reproches parce qu'il n'a pas été assez présent auprès d'elle alors qu'elle était toujours là pour lui.
Ce fils qui aime sa mère, qui continue de l'aimer nous a donné un très beau roman d'amour à lire.
Car c'est bien d'amour que nous parle ce chef d'oeuvre. Cette relation filiale est magnifique, tellement bien décrite et je pense parlera à tout le monde.

Parce que cette mère n'est pas une héroïne et n'est pas décrite comme telle. Elle est tout simplement une mère et décrite dans son quotidien, avec cet amour qu'elle a pour son fils,...
Cette mère est, en fait, comme toutes les mères et c'est ce qui rend ce livre si magique. 
On se reconnait dans ce fils.
On reconnait cette mère.

Et le roman en étant très court en dit beaucoup. N'est-ce pas à cela qu'on reconnait un chef d'oeuvre ?

Je défie quiconque de ne pas appeler votre mère après avoir lu ce roman.

mercredi 29 novembre 2017

Littérature en musique (5)


Heureux qui comme Ulysse

Joachim Du Bellay

Mis en musique par Ridan 





Vous souvenez-vous de cette chanson qui nous avons entendu toute l'année 2007 (Dix ans déjà) ?

Et bien, comme vous le savez certainement, il s'agit d'un Extrait des poèmes de Joachim Du Bellay issu de son recueil : Les regrets

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son aage !

Quand reverray-je, helas, de mon petit village
Fumer la cheminee, et en quelle saison
Reverray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaist le sejour qu’ont basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux ;
Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,

Plus mon Loyre Gaulois, que le Tibre Latin,
Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur Angevine.