lundi 23 octobre 2017

Le C.V. de Dieu


Jean-Louis Fournier


Photo de couverture / Avis / Blog / Stock


4e de couverture :


"Le ciel était fini, la Terre était finie, les animaux étaient finis, l'homme était fini. Dieu pensa qu'il était fini aussi, et sombra dans une profonde mélancolie.
Il ne savait à quoi se mettre. Il fit un peu de poterie, pétrit une boule de terre, mais le cœur n'y était plus. Il n'avait plus confiance en lui, il avait perdu la foi. Dieu ne croyait plus en Dieu.
Il lui fallait d'urgence de l'activité, de nouveaux projets, des gros chantiers.
Il décida alors de chercher du travail, et, comme tout un chacun, il rédigea un curriculum vitae."


Mon avis :

Amusant !


En ouvrant ce livre, je m'attendais à lire un véritable curriculum vitae de Dieu où Jean-Louis Fournier nous présenterait un Dieu qui commenterait ironiquement chacune de ces inventions.
Je dois un peu trop prendre les titres au pied de la lettre.

Ce roman nous montre un Dieu qui a décidé de passer un entretien d'embauche (L'entretien d'embauche de Dieu était-il moins vendeur comme titre) dans une entreprise sur Terre et qui rencontre donc pendant une semaine le responsable des ressources humaines de cette entreprise.

Première réaction : Jean-Louis Fournier n'a jamais passé d'entretien d'embauche pour croire que ces entretiens se déroulent pendant une semaine entière?
Deuxième réaction : Ah oui je comprend : c'est un parallèle avec la semaine de création.
Troisième réaction : c'est assez amusant. 

Ce roman est composé donc de cet entretien, de tests psychologiques de Dieu et de la correspondance entre Dieu et le Pape.
Et je dois dire que tout cela est drôle même si j'ai l'impression que Jean-Louis Fournier enfonçait parfois des portes ouvertes : surtout lorsque Dieu doit justifier ses créations,...

J'ai donc passé un assez bon moment avec ce roman mais si vous voulez découvrir Jean-Louis Fournier, je vous conseillerez plutôt : Où on va papa ? et Il n'a jamais tué personne, mon papa. Ces deux ouvrages allient parfaitement l'humour et la tendresse.

samedi 21 octobre 2017

La foire aux vanités


Thackeray



Photo de couverture / Avis / Blog



4e de couverture :


Il s'agit de l'un de l'un des plus grands classiques du roman anglais. Le XIXe siècle britannique est divisé entre Dickens et Thackeray (1811-1863) comme le nôtre entre Balzac et Stendhal. Thackeray est l'égal de Stendhal et La foire aux vanités (1848), son chef d'oeuvre.

Il y utilise un style humoristique ou ironiquement épique pour donner l'un des plus grands romans de satire sociale en langue anglaise. La thèse fondamentale du livre  est que, dans la société occidentale, le seul moyen d'arriver, si l'on est sans naissance ni fortune, est de violer tous les principes moraux que la société fait semblant de respecter.
La question qu'il pose donc est : qui faut-il blâmer, ces aventuriers, ou le système qui les rend nécessaires ?
Le personnage principal est une femme hypocrite, ambitieuse et sans scrupules : on assiste à son ascension au sommet de la société et à sa chute.
Autour d'elle s'agite, dans une immense fresque, la "Foire aux vanités".


Mon avis :

Un grand classique !



Le sous-titre de ce roman est : Roman sans héros.
Quel sens Thackeray donne t-il à ce sous-titre ? Est-ce parce qu'il n'y a pas un héros principal mais cinq personnages au centre de l'histoire ? Parce que les deux personnages qui ressortent du lot sont deux femmes ?
Ou est-ce parce que ces personnages ne  sont aucunement héroïque ?
Ce sont des questions dont je n'ai malheureusement pas la réponse. Même si je pencherais plutôt pour le dernier choix !

Thackeray nous présente donc Amélia, jeune femme dont le père va connaitre un revers de fortune. Suite à cela, Amélia va, non seulement, perdre ses amis mais aurait aussi perdu son prétendant George si William Dobbin n'était intervenu.
Mais me direz-vous : Qui est ce William Dobbin.
Eh bien, je vous répondrez : Dobbin est un amoureux d'Amélia.
Mais me direz-vous pourquoi a t-il dit à George de ne pas rompre sa promesse à Amélia dans ce cas-là?
Eh bien, je vous répondrez : Aucune idée.

Et puis, nous avons Becky Sharp et Rawdon Crawley. Becky, jeune femme sans le sou (elle-aussi) va intriguer pour épouser Rawdon et n'aura de cesse d'essayer de gravir les marches de la bonne société.

Vous reconnaîtrez-tous que nous avons donc avec ces cinq personnages les bases pour un bon roman de mœurs britannique. 
J'avoue avoir eu un peu de mal au début à me plonger dans l'histoire, puis, au fur et à mesure, je me suis prise à m'intéresser à ces cinq personnages et à leur avenir.
Tackeray a un réel talent pour nous faire rire des faiblesses de ces individus. On ressent très souvent sa plume ironique et c'est très agréable à lire.

Le livre est un vrai pavé de plus de milles pages mais en fin de compte la lecture se passe très vite et j'ai passé un très bon moment avec ce classique de la littérature anglaise.

mercredi 18 octobre 2017

Littérature en musique (3)

Que serais-je sans toi ?

Jean Ferrat


Magnifiquement interprété par Jean Ferrat, Que serais-je sans toi est avant tout un poème de Louis Aragon publié dans le recueil Le roman inachevé en 1956.

Les poèmes de Louis Aragon ont été interprété par plusieurs artistes français. Le premier à mettre en musique ses poèmes est Georges Brassens (Il n'y a pas d'amour heureux).


Mais revenons à Que Serais-je sans toi qui est bien sûr inspiré par l'amour et la muse de Louis Aragon : Elsa Triolet.

La version de Louis Aragon :


J'étais celui qui sait seulement être contre
Celui qui sur le noir parie à tout moment
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre.
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.

Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant.
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.


Un bonhomme hagard qui ferme sa fenêtre
Un vieux cabot parlant dans anciennes tournées
L'escamoteur qu'on fait à son tour disparaître
Je vois parfois celui que je n'eus manqué d'être
Si tu n'étais venue changer ma destinée
Et n'avais relevé le cheval couronné 

Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière
Chaque mot de mon chant c'est de toi qu'il venait
Quand ton pied s'y posa je n'étais qu'une pierre
Ma gloire et ma grandeur seront d'être ton lierre
Le fidèle miroir où tu te reconnais
Je ne suis que ton ombre et a menue monnaie



J'ai tout appris de toi sur les choses humaines.
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon.
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.
Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens de frisson.



J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne.
Tu m'as pris par la main, dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux.
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.



Et la version chantée de Jean Ferrat :




Jean Ferrat a bien sûr adapté le poème en le mettant en musique : on remarque l'abandon d'une bonne partie des premières strophes.
Jean Ferrat conserve la partie sur l'amour qui est inspiré par Elsa Triolet et enlève ce qui concerne directement Louis Aragon et sa personnalité avant Elsa qu'il décrit comme étant très sombre.
Il en reste une magnifique interprétation de l'amour par Jean Ferrat d'un tout autant magnifique poème.

Et vous ? Aimez-vous ce poème et cette chanson ?

lundi 16 octobre 2017

Les déferlantes


Claudie Gallay



Photo de couverture / Blog / Avis / Editions de Rouergue



4e de couverture :



La Hague...
Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe de Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne.
Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel.
D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare.
Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire.
En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.


Mon avis :

Une jolie atmosphère mais une déception !



J'attendais beaucoup de ce long roman (Grand prix des lectrices Elle en 2009) dont j'avais entendu énormément parlé.
Le point positif : l'atmosphère, les côtes normandes et les secrets de famille. Tout y est ! Et l'atmosphère est très bien rendue.
Mais parfois tous les ingrédients sont là et pourtant la mayonnaise ne prend pas. (J'ignore si ma métaphore est judicieuse car je suis une quiche en cuisine.)

Pourquoi l'histoire ne fonctionne pas (selon moi) ?

Le principal problème de cette histoire c'est qu'à la moitié de l'histoire nous devinons très vite à peu près tout.
Et les personnages sont tellement plongés dans leur propre passé qu'ils en oublient de vivre leur présent et j'ai eu dû mal à m'attacher à eux. Pour ne pas dire que je ne me suis pas attachée à eux du tout.
L'homme mystérieux, Lambert, a vécu un drame et en veut à tout le monde.
Théo, le gardien de phare, a une vie dramatique.
Et la narratrice a vécu elle-aussi un drame (et cela commence à faire beaucoup de drames pour un villages de cent âmes) et on nous le rappelle continuellement de manière assez lourde. 

Du coup, je me suis pas mal ennuyée pendant quasiment la moitié de l'histoire. Tout avance très lentement et comme nous en savons plus que tous les personnages réunis nous n'avons plus qu'une envie celle de leur crier d'ouvrir leurs yeux pour connaître la vérité (et de refermer le livre pour en continuer un autre).

Les mystères n'en sont donc pas vraiment. Il y a des passages un peu ridicules : pour ceux qui ont lu ce livre : l'histoire des oiseaux et du phare m'a plutôt donné envie de rire.
J'imagine que c'est un hommage (ou une pâle copie) de la poésie de Jacques Prévert : Le gardien du phare aimait trop les oiseaux qui a inspiré cette histoire. Mais j'ai trouvé que dans ce roman, cela tombait plutôt à plat (et c'est le cas de le dire).

Beaucoup de longueurs.
Beaucoup trop de longueurs.


Si vous avez aimé ce roman, n'hésitez-pas à me dire que je suis totalement insensible ou que je n'ai rien compris à cette histoire.

samedi 14 octobre 2017

Un oiseau blanc dans le blizzard


Laura Kasichke



Christian Bourgois / Photo de couverture / Avis / Blog / 2-267-01546-3



4e de couverture :



Par une froide journée de janvier une femme disparaît dans l'une de ces banlieues trop propres et trop calmes que le cinéma américain nous a révélées. Katrina, sa fille unique, croit régler avec un soin méticuleux et lucide ses comptes avec l'image d'une mère destructrice détestée en secret.
Mais alors pourquoi ces rêves obsédants qui hantent ses nuits ?

Une fois encore, après A suspicious river, Laura Kasischke écrit avec une virtuosité glaciale le roman familial de la disparition et de la faute.
On pense aux meilleurs livres de Joyce Carol Oates, on pense aussi à un scénario du type American Beauty, mais qui aurait évité les pièges de l'habileté et de la technique, pour nous laisser transis dans l'angoisse et la fascination de la littérature.



Mon avis :

Encore un excellent roman de Laura Kasischke !


Comme d'habitude j'ai avalé ce roman de Laura Kasischke avec beaucoup de plaisir : il m'a fait pensé un uns de ses romans que j'ai préféré : Esprit d'hiver.
Nous entrons encore une fois dans une mystérieuse histoire de disparition : cette fois c'est la mère qui disparaît un beau jour d'hiver. 
Et, à travers des flash-back et les pensées de sa fille Katrina, nous découvrons une relation complexele portrait de la famille parfaite des banlieues vole en éclat.
Nous découvrons une mère jalouse de sa fille car elle est tout ce qu'elle n'est plus et une fille qui déteste sa mère non seulement à cause de cette jalousie mais aussi à cause de cette difficile période qu'est l'adolescence.
Katrina découvre, en effet, ses premiers émois amoureux et sexuels avec un garçon du voisinage : beau et assez idiot et n'a plus vraiment l'énergie de consacrer du temps à sa mère.

L'univers que Laura Kasischke met en place est comme toujours plein de poésie et de mystères : nous entrons dans la tête de cette adolescente et dans ses rêves. Nous nous demandons ce qui se cache derrière les cauchemars récurrents de Katrina.
Sont-ils des mises en garde, sont-ils anodins ou ne sont-ils que des projections de son inconscience ?
Nous nous prenons à guetter le moindre détail dans chaque moment paraissant anodin pour connaître le fin mot de l'histoire.
On essaie de deviner dans chaque phrase de dialogue, ce que les personnages veulent et ce qu'ils cachent.
Et la fin est comme toujours surprenante.

Le personnage de Katrina est pour moi le personnage le plus touchant de l'histoire : on voit ses difficultés avec sa mère, on se retrouve un peu dans cette adolescente qui veut être adulte mais qui reste une petite fille vulnérable.
J'ai beaucoup aimé, en particulier, suivre les séances de psychothérapies de Katrina (qu'elle est obligée de suivre après la disparition de sa mère) : on se dit d'abord qu'elle garde le contrôle puis on se rend compte que sa psy est beaucoup plus perspicace qu'on ne pouvait le penser au premier abord. Elle a compris beaucoup de choses de la vie de Katrina sans que celle-ci ne se dévoile entièrement et la laisse prendre en main sa destinée.


C'est un très beau roman assez court que j'ai beaucoup aimé !


mercredi 11 octobre 2017

Sors de ce corps, William



David Safier



Photo de couverture / Avis / Blog / Presses de la cité / 978-2-258-08551-0



4e de couverture :

Deux dans un corps, c'est un de trop.



Afin de réparer ses erreurs et reconquérir l'homme de sa vie, Rosa décide d'avoir recours aux services de Prospero, un magicien soi-disant capable de faire voyager les gens dans le passé. Et voilà comment la jeune femme se réveille dans la peau du génial William Shakespeare
Lequel, oh dear, n'apprécie pas vraiment cette cohabitation forcée.

Loufoque, rythmée et profondément humaine, la nouvelle comédie de David Safier offrir un grand moment de divertissement.



Mon avis :

Un roman très drôle !


Encore un roman lu grâce à une chronique d'Adely.
Et encore un roman que j'ai adoré !

L'idée de départ m'a fait un tout petit peur : une jeune femme Rosa, qui se décrit elle-même comme le cliché ambulant de la trentenaire cherchant l'amour, vit mal le mariage de son ex-petit ami. Après avoir vu un numéro de cirque où un homme timide revit sous hypnose une vie antérieure, elle se fait elle-même hypnotiser.
Et dans la peau de qui se réveille t-elle?
Rien de moins que dans la peau de William Shakespeare !

La bonne idée du livre (qui ne s’essouffle jamais) est d'avoir la petite voix de William Shakespeare qui vit cette intrusion et qui est bien décidé à ne pas se laisser faire.
Surtout que Rosa a le chic pour se mettre dans des situations compliquées en parlant de manière désinvolte à Elisabeth I par exemple.
Et nous découvrons un William Shakespeare, très drôle, bien loin du portrait de l'homme de lettres que nous pouvons imaginer. 
Par exemple le voici parlant de sa future pièce de théâtre Hamlet :

"- Mais, fis-je avec etonnement, je suis encore loin d'avoir terminé Hamlet !
- Eh bien... euh... la renommée précède l'oeuvre avant même qu'elle ne soit terminée, m'empressai-je d'expliquer.
- En vérité, ce sera à coup sûr une comédie merveilleuse.
- Une... euh... comédie ?
J'étais extrêmement surprise.
- Elle raconte l'histoire d'un Danois incapable de se décider. Par exemple, lorsque Hamlet entre dans une taverne, il se demande : "Du vin ou pas du vin ?" S'il veut manger, il réfléchit ; Du cochon ou pas de cochon ?"..."

Vous le devinez, donc, nous avons le droit à un roman plein d'humour ! Où les situations loufoques vont se succéder.
C'est un roman, en fin de compte, loin des clichés des jeunes femmes trentenaires que j'ai lu avec beaucoup de plaisir.

lundi 9 octobre 2017

Littérature en musique (2)


Je voudrais pas crever


Pour cet article numéro 2 de la littérature en musique, je propose le poème de Boris Vian : Je voudrais pas crever :

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort



Cette fois le texte est repris intégralement par Serge Reggiani d'abord :




Puis dans une autre ambiance par les Têtes raides (et j'avoue que j'adore cette version) :





Et vous ? Quelle version préférez-vous ?