Grâces lui soient rendues : Paul Durand-Ruel, le marchand des impressionnistes


Pierre Assouline



Photo de couverture Avis Blog Plon ISBN 2-259-19302-1


4e de couverture :


"On passe une vie à tourner autour de quelques êtres et ils finissent par nous habiter à notre insu. Paul Durand-Ruel fut la présence secrète de mes livres sur Kahnweiler, Camondo, Gallimard et Cartier-Bresson ; aussi ai-je choisi de lui rendre grâces à mon tour sous la forme d'un récit forcément impressionniste, aussi sensible à ce qui part du dedans qu'à ce qui arrive au-dehors. 

"Comment devient-on une légende ? Cette question pourrait résumer l'intention de ma biographie autant que l'existence de Paul Durand-Ruel (1831-1922). Une suite de drames, d'échecs, de coups du sort, de débâcles - comme ce 24 mars 1875 à Drouot, où un Renoir vaut à peine 180 francs -, qui tous ont renforcé une conviction comparable à la foi religieuse : être l'initiateur et le passeur d'une école de peinture. Cet homme d'ordre politique et moral agit comme mécène et marchand d'une révélation artistique ; il croit en son jugement esthétique et même la reconnaissance tardive de l'opinion, après 1900, ne l'entraîne pas aux accommodements. 

"Au fond, celui qui a "fait" Renoir, Monet, Sisley, Puvis de Chavannes et d'autres, et promu toute la peinture française du XIXe siècle aux Etats-Unis a toujours rêvé de vivre dans un paradis qui aurait "la sereine douceur d'un paysage de Corot ou de Camille Pissarro"." 


Mon avis :

Une biographie très instructive !


J'en avais déjà parlé lors de ma chronique sur la biographie de Berthe Morisot, l’impressionnisme est la peinture qui me "parle" le plus.
N'ayant jamais fait d'études en art, et étant bien incapable d'analyser un tableau, je ne saurais expliquer pourquoi j'aime l’impressionnisme mais j'aime l'impressionnisme et c'est bien suffisant.

Flânant parmi les livres, ce titre de Pierre Assouline a évidemment retenu toute mon attention.
J'ai donc découvert avec plaisir la vie de Paul Durand-Ruel, celui qui a cru à la peinture et aux peintres impressionnistes lorsqu'ils étaient refusés de quasi tous les salons.

Mais Pierre Assouline est loin de faire une hagiographie de ce marchand de tableaux, il nous le livre tel qu'il était et te qu'il a vécu.
J'ai en particulier apprécié savoir comment un marchand doit vendre un tableau : on nous explique, par exemple que les salons où exposent les artistes sont les ennemis de la vente.
Un tableau est bien mieux mis en valeur lorsqu'il est un peu plus isolé des autres dans une galerie que noyé sous la masse des tableaux.
Et, surtout, il se vendra bien plus cher sans les inévitables comparaisons avec les autres.


Paul Durand-Ruel


Paul Durand-Ruel, Pierre Assouline nous l'explique, était un homme qui aimait le risque. Peut-être un peu trop. Ainsi, il achetait énormément de toiles et est passé de très près et plusieurs fois de la faillite. Visionnaire, et fidèle il croira dès le début que l'impressionnisme se fera sa place et il n'aura de cesse de mettre cet art en avant quitte à passer lui-même pour un illuminé.

Ce "marchand des impressionnistes" comprendra également qu'il est important de faire de la publicité de ces tableaux et même si la revue qu'il a publié a été un gouffre financier, il avait compris comment vendre l'art et le mettre en avant.
Un visionnaire, je vous dis !

Précurseur, il ira en Amérique vendre les tableaux qu'il possède : chose pas facile au XIXe siècle vous en conviendrez surtout que les frais de douanes étaient assez élevés et que ses tableaux passaient pour de la pornographie aux yeux de certains et qu'ils ont été saisi à leur arrivée aux Etats-Unis.
Et savez-vous comment il réussira à retrouver ses tableaux ? 
Très simplement : il comprendra que la personne qui retient ses tableaux est un pasteur et ira dans sa paroisse et donnera une grosse obole très visiblement.
Et il récupérera ses tableaux !
Ingénieux non ?

Ses relations avec les peintres impressionnistes sont plus ou moins évidentes. Pierre Assouline nous dit que c'était certainement de Renoir qu'il était le plus proche mais avec tous il gardera le vouvoiement et commenceront leur lettre par "Cher monsieur" lorsqu'ils s'écrivent.

Cette biographie est pleine de petites anecdotes comme celle-ci et j'ai vraiment appris beaucoup de choses en la lisant.
Et elle se lit très simplement ! Donc si vous aimez l'impressionnisme, n'hésitez surtout pas !


Et un petit bonus, une vidéo qui explique un peu qui était Paul Durand-Ruel faite à l'occasion de l'exposition qui lui a été consacré en 2014 au Grand Palais :



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