mardi 1 août 2017

Le meilleur des mondes


Aldous Huxley


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4e de couverture :



Voici près d'un siècle, dans d'étourdissantes visions, Aldous Huxley imagine une civilisation future jusque dans ses rouages les plus surprenants : un Etat Mondial, parfaitement hiérarchisé, a cantonné les derniers humains "sauvages" dans ses réserves.
La culture in vitro des fœtus a engendré le règne des "Alphas", génétiquement déterminés à être l'élite dirigeante. Les castes inférieures, elles, sont conditionnées pour se satisfaire pleinement de leur sort. Dans cette société où le bonheur est loi : famille, monogamie, sentiments sont bannis.

Le meilleur des mondes est possible.
Aujourd'hui, il nous paraît même familier...


Mon avis :



Le Meilleur des mondes est un classique de la science-fiction. Il est paru en 1932 et nous conte l'histoire d'un monde futur où le français et le polonais ne sont plus que des langues mortes ; où parler de "parents" est tabou et où des castes inférieures sont crées dans les seuls buts de travailler et dépenser leur argent.

Ce monde meilleur donne, donc, pour résultat un monde très hiérarchisé où rien n'est laissé au hasard et où la pensée individuelle n'a pas sa place.

Dans la première partie, nous suivons plus particulièrement l'histoire de Bernard Marx et Lénina.
Lors d'un voyage, ils vont dans une réserve à sauvages (comprendre : des personnes ne faisant pas parties de l'état mondial et n'étant, donc, pas modifiés génétiquement). et rencontrent Linda (qui était une Béta auparavant) et son fils John.
Comprenant que Linda a été banni pour avoir eu un enfant, Bernard décident de les ramener elle et son fils à Londres.

Je précise que John a appris à lire avec sa mère et ne cesse de citer Shakespeare dont il connait toutes les œuvres par cœur.
Shakespeare est bien sûr interdit par les Alphas comme quasiment tous les livres.
J'ai beaucoup aimé ces passages où John, le Sauvage, parle de Shakespeare comme personne et où personne ne peut même comprendre Shakespeare. Puisque les sentiments décrits par Shakespeare, la violence, la passion, le désespoir, et l'amour sont des sentiments inconnus des Alphas, des Bétas et de toutes les castes de ce "Monde meilleur".

J'ai beaucoup aimé ce livre qui est dérangeant, souvent, dans le bon sens du terme : il nous fait réfléchir !
Si tout le monde est né pour être heureux, nous comprenons que tous sont, avant tout, nés pour servir. Et lorsqu'ils ne servent plus, où lorsqu'ils sont différents, ils sont exilés, malheureux, car ils n'appartient ni à leur monde ni à celui des sauvages.

Il y a un passage que j'ai beaucoup aimé, celui où John décide qu'il préfère être malheureux de temps à temps plutôt que d'accéder à un bonheur artificiel :

"- Mais je n'en veux pas du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché.

- En somme, dit Mustapha Menier, vous réclamez le droit d'être malheureux.

- Eh bien, soit, dit le Sauvage d'un ton de défi, je réclame le droit d'être malheureux.

- Sans parler du droit de vieillir, de devenir laid et impotent ; du droit d'avoir la syphilis et le cancer ; du droit d'avoir des poux ; du droit de vivre dans l'appréhension constante de ce qui pourra se produire demain ; du droit d'attraper la typhoïde ; du droit d'être torturé par des douleurs indicibles de toutes sortes.

- Je les réclame tous, dit enfin le Sauvage."

La fin amère nous rappelle que nous ne sommes que le résultat de nos choix.
Un livre à méditer !

4 commentaires:

  1. Ton avis me donne très envie de découvrir ce classique de la littérature SF!

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    1. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce livre (toujours peur d'être déçue avec les classiques ou de trouver cela ennuyeux) mais c'est un excellent roman ! Et une manière de nous faire réfléchir au monde d'aujourd'hui.

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  2. Jolie chronique ! Tu m'as donné envie de relire ce livre que j'avais lu à l'age de 14-15 ans et qui m'avait beaucoup marquée. Il faut que je le remonte dans ma PAL !

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    1. Merci ! Je ne l'avais pas lu du tout : par certains côtés il m'a fait penser à La nuit des temps dans cette façon de décrire un monde où tout le monde devrait être heureux. Je me souviens qu'une des phrases qui m'avait marqué de Barjavel était : "tout le monde n'est pas capable d'être heureux".

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